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Cancer : la psilocybine, nouvelle arme pour prévenir les douleurs de chimiothérapie

Photo du rédacteur: Yann Marek
Yann Marek
4 sept.
2 min de lecture

Le 3 septembre 2026, la revue Science a publié une étude préclinique majeure menée par le MD Anderson Cancer Center de l'Université du Texas. Portée par les chercheurs Moran Amit et Patrick Dougherty, cette recherche révèle une propriété inédite de la psilocybine (le composé actif des champignons dits « hallucinogènes ») : sa capacité à prévenir les lésions nerveuses causées par les chimiothérapies. Alors que les travaux sur les psychédéliques se concentraient jusqu'alors sur la santé mentale et la plasticité cérébrale, cette découverte démontre un effet neuroprotecteur direct sur le système nerveux périphérique.


Un fléau qui touche jusqu'à 68 % des patients  

La neuropathie périphérique induite par la chimiothérapie (NPIC) se traduit par des engourdissements, des picotements et des douleurs intenses aux mains et aux pieds. Ce syndrome touche jusqu'à 68 % des malades durant leur traitement et persiste chez près de 30 % d'entre eux au-delà de six mois. Faute de traitement préventif efficace — en dehors de soulagements très modestes apportés par certains antidépresseurs comme la duloxétine —, de nombreux patients sont contraints de réduire la dose de leur chimiothérapie ou de l'interrompre prématurément, ce qui nuit directement à leurs chances de guérison.


La clé : préserver les centrales énergétiques des cellules

L'étude montre qu'une administration de psilocybine avant l'injection de la chimiothérapie bloque l'apparition de l'hypersensibilité à la douleur, avec un effet protecteur maintenu jusqu'à huit mois chez l'animal.  


Grâce à l'imagerie cellulaire en direct réalisée sur des fibres nerveuses humaines, l'équipe a identifié le mécanisme biologique exact :


  • Le problème : Les molécules de chimiothérapie bloquent le transport des mitochondries — les usines énergétiques des cellules — le long des prolongements nerveux. Privées d'énergie, les terminaisons nerveuses distales rétractent et meurent.


  • La solution : En se fixant sur les récepteurs sérotoninergiques 5-HT2A situés directement sur les neurones périphériques, la psilocybine active le moteur de transport cellulaire. Les mitochondries continuent d'être acheminées vers les extrémités nerveuses, leur permettant de résister au passage des toxines et de survivre.  


Un essai clinique de phase 2 imminent  

Cette approche marque un changement de paradigme : la psilocybine ne cherche plus seulement à apaiser une douleur une fois installée, mais à empêcher le dommage cellulaire de se produire.  


Forts de ces résultats, les chercheurs du MD Anderson lancent l'essai clinique de phase 2 nommé NeuroGuard. Ce protocole évaluera la sécurité et l'efficacité de la psilocybine chez des patients sur le point de démarrer une chimiothérapie pour des cancers du sein, du côlon ainsi que de la tête et du cou. Si ces données se confirment chez l'humain, cette molécule pourrait devenir le premier traitement préventif de première ligne contre les neuropathies toxiques en oncologie.

 
 
 

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